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Certification Blockchain : remède efficace contre les « fake news » ?

Orange a annoncé sa participation à un consortium blockchain appelé « Safe.Press » permettant de lutter contre l’accroissement des publications appelées « fake news ». Ce label de certification des droits de propriété intellectuelle repose sur la fonctionnalité cadastrale de la technologie blockchain. 

En pratique, comment cela se matérialise-t-il ? 

Lorsqu’un lecteur de contenu internet souhaite vérifier la source de la publication, il peut par un simple clic sur le logo dédié, s’informer sur la concordance — ou non — entre l’auteur désigné par la page internet consultée et l’auteur véritable qui a été enregistré sur la blockchain :

Bien que cette innovation représente une avancée intéressante dans la lutte contre les fake news, plusieurs limites sont d’ores et déjà identifiables : (i) L’éditeur de l’article doit soumettre son travail au consortium blockchain pour établir une empreinte numérique[1] ; (ii) l’hébergeur du contenu doit aussi prendre part au consortium ou a minima intégrer le plug-in « Safe.Press » sur sa page internet ; (iii) cela ne permettra pas de vérifier si l’article contient des informations factuellement fausses, puisque la vérification est limitée à la seule source de la publication, et non à son contenu. 

C’est précisément dans un cas de figure comme celui-ci où nous pouvons mesurer l’importance des effets de réseau[2]. L’intérêt pratique de la fonctionnalité proposée par « Safe.Press » est certain, mais sa viabilité et son avenir vont dépendre de son adoption — ou non — par les acteurs du marché. Si dans un avenir proche, seul Orange propose cette fonction de certification, il n’est pas certain que les éditeurs de contenus deviennent clients et/ou membre du consortium[3]

La blockchain peut donc être une solution pour lutter contre les fake news mais elle reste tributaire de son nombre d’utilisateurs, c’est-à-dire du choix de son architecture (publique, privée ou de consortium). 

 

D’autres solutions pratiques sont envisagées pour lutter contre les « fake news »  : par exemple, The Guardian a annoncé récemment que ses articles partagés sur les réseaux sociaux informeront les utilisateurs de leur date de publication, et cela au sein de l’image de l’aperçu affichée sur les différents fils d’actualités, dans un encadré jaune fluo.

Suite à une étude menée par le journal, The Guardian a constaté une fréquentation anormale de certains de ses articles datant de plusieurs années par des visiteurs provenant majoritairement de Facebook, souvent réutilisés sur des pages Facebook partisanes pour appuyer leurs théories

Cette solution permet de lutter contre le partage sur les réseaux sociaux d’articles anciens, non aisément identifiés comme tels, et qui utilisés dans un contexte différent de celui qui présidait à leur publication, peuvent être l’objet d’une manipulation au soutien de thèses partisanes et tromper les internautes.

 

Aurélie Bregou / Ludovic Cenci

Photo : Elijah O'Donnell

 


[1]Extrait du site internet « Safe.press rassemble une communauté de médias réputés au sein d'un consortium fiable et indépendant. »

[2]Mécanisme qui prévoit que l’utilité d’un bien ou d’un service dépend du nombre des autres utilisateurs. 

[3]Extrait du site internet « Safe.press enregistre chaque information dans un registre Blockchain hébergé par tous les membres du consortium. »